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Le blog qui propose une analyse approfondie sur la politique congolaise, africaine et mondiale. Ce blog s'adresse à tous ceux qui souhaitent avoir une idée précise sur ce qu'il se passe dans notre planète.

Un Noël dans la peur et la souffrance

Publié le 24 Décembre 2015 par Didier MOUEGNI IVOLO in Article

Par

Didier MOUEGNI IVOLO

Depuis le retour de Sassou Nguesso au pouvoir en octobre 1997, voilà 19 ans que les Congolais passent les fêtent la peur dans le ventre et sans cadeaux.

Il faut croire que sur la carte du monde du Père Noël, il n’y a pas le Congo-Brazzaville. Il faut croire donc que la violence avec laquelle Sassou Nguesso a pris le pouvoir en 1997 a laissé de graves conséquences. En dehors des tueries en masse (le cas des disparus du Beach de Brazzaville, des razzias et des assassinats sommaires dans les villages), Sassou Nguesso a fait couper les arbres fruitiers et fait détruire les plantations, notamment dans le département du Pool, pour affamer les populations, les tuer à petit feu et essayer de réussir son projet fou et « hitlérien » d’équilibrer les populations entre le Nord et le Sud du Congo.

Si le Père Noël ne passera pas au Congo, le Christ sauveur et Rédempteur non plus ne viendra pas au Congo. Sassou Nguesso a fait couler et fait encore couler trop de sang au Congo (les assassinats des jeunes opposants depuis le 19 octobre 2015 et le dernier en date, le jeune collégien de Dolisie) que même le Christ préfère prier pour nous depuis le royaume de son père que de descendre vers les fidèles.

Cependant, il y a un cadeau que les enfants du Congo attendent pour ce Noël : se débarrasser de Sassou Nguesso. Et ce cadeau viendra des forces armées congolaises, des partis politiques de l’opposition qui doivent prendre leurs responsabilités (et non faire des appels du pied à Sassou Nguesso comme on le voit), de la société civile et des organisations religieuses.

En effet, depuis le 6 novembre 2015, Sassou Nguesso n’est plus le président du Congo-Brazzaville. La raison, Sassou Nguesso a organisé un référendum constitutionnel le 25 octobre. Malgré une faible participation, il a quand même promulgué cette constitution le 6 novembre 2015. Ce qui met fin à la constitution du 20 janvier 2002, remplacée par la constitution du 25 octobre 2015.

Dès lors, sur le plan juridique, le Congo-Brazzaville est entré dans une période de transition politique car on s’achemine vers une nouvelle république. Il faut donc une nouvelle élection présidentielle, que celui qui sera élu prête serment et c’est à ce moment-là qu’il devient le président légitime du Congo. Et en attendant l’organisation des nouvelles élections : présidentielle, législatives et locales, toutes les institutions issues des élections populaires sont de fait dissoutes. Les nouvelles institutions de transition doivent être mises en place par consensus entre les partis politiques, la société civile et les organisations religieuses. Tout le monde doit quitter ses fonctions actuelles issues de l’ancienne constitution, y compris Sassou Nguesso.

Dites-moi, d’où le pouvoir de Sassou Nguesso tire-t-il sa légitimité et la légalité ? Il n’a pas été élu (légitimité populaire) et n’a pas prêté serment sur cette constitution (légalité juridique). En dehors des institutions d’Etat, les autres institutions n’ont plus d’autorité sur le Congo et les Congolais. Les Congolais n’ont plus à obéir ni à Sassou Nguesso ni à ses sbires.

Ainsi, toutes les institutions congolaises sont aujourd’hui illégales. Sassou Nguesso exerce donc un pouvoir illégal. Tous les parlementaires et tous les élus au Congo exercent aujourd’hui un mandat qui n’existe plus, un mandat illégal. Leurs rémunérations sont un détournement de fonds publiques que tout pouvoir pourra réclamer un jour.

Pour exemple, les institutions internationales et les multinationales ne prêtent plus rien à Sassou Nguesso, elles ne signent plus de contrats avec Sassou Nguesso car elles savent que ce dernier n’est plus légitime, et ce, en attendant les prochaines élections.

Les seules institutions nationales qui demeurent légales sont celles qui ne sont pas élues, parmi elles, il y a l’armée congolaise, la police, la justice et plus largement l’Etat.

Sassou Nguesso a fait preuve de médiocrité en voulant changer la constitution de cette façon. Il a scié l’arbre sur lequel il est assis. Il n’a plus de légitimité et ne peut plus diriger le pays.

Dès lors, Sassou Nguesso ne peut plus utiliser l’argent du Congo. Toute dépense de l’argent publique est considérée comme un détournement de fonds publiques. Il ne peut plus convoquer un congrès. Les élus qui répondent à ses convocations font preuve de médiocrité politique et se rendent complices de détournements de fonds publiques.

Et tôt ou tard, tous seront poursuivis et sanctionnés par les futures autorités légitimes, légales et compétences du Congo.

Dès lors, pour respecter la légalité, le chef d’Etat-major général de l’armée congolaise, le directeur général de la police nationale et le procureur de la république à Brazzaville doivent procéder immédiatement à l’arrestation de Sassou Nguesso, sa famille et tous les ministres y compris les élus qui n’ont pas quitté leurs fonctions aux motifs d’exercice illégal du pouvoir, usurpation du pouvoir, détournement de fonds publiques, mise en danger de la vie des populations, criminalité en bande organisée, terrorisme…

Voilà un cadeau de Noël que vous ferez aux Congolais.

Pour l’histoire, c’est de cette façon que Sassou Nguesso évince Jean-Jacques Yhombi-Opangault le 5 février 1979.

En effet, Sassou Nguesso, grand maître des coups d’Etat contre ses frères (NGouabi et Yhombi) et ce devant l’Eternel lui-même, avait poussé Yhombi à convoquer une session extraordinaire du comité centrale du Parti Congolais Travail (PCT). Sassou Nguesso complotait déjà avec les anciens membres du bureau politique et du comité central du PCT, dissouts après le coup d’Etat militaire du 18 mars 1997 qui couta la vie au président de la république Marien Ngouabi (1969-1977).

Dans la salle, tout le monde, y compris le président de la république Yhombi Opangault accepte de rendre le pouvoir au comité central et au bureau politique du PCT. Or, Yhombi accepte et dans la panique ne se rend plus compte qu’il n’est pas ou plus membre de ces instances du PCT. Dès lors, Sassou Nguesso reproche à Yhombi d’exercer un pouvoir illégal. N’étant pas membre du bureau politique, ni du comité central du PCT, il ne peut être président de la république. D’où toutes les accusations de détournements, d’exercice illégal du pouvoir… Yhombi est donc arrêté immédiatement et placé résidence surveillée pendant 11 ans.

Comme vous voyez, Sassou Nguesso se retrouve dans la même situation d’illégalité. C’est pourquoi il doit être aussi immédiatement arrêté. Lui et tous les siens.

D’autre part, Sassou Nguesso se retrouve aussi coincer dans ses mensonges contre Pascal Lissouba au sujet de la manipulation de la constitution. A ce titre, l’U.PA.D.S a toutes les raisons de faire preuve de fermeté et refuser tout compromis avec Sassou Nguesso. Le secrétariat national du parti doit prendre le leadership de l’opposition et fixer le cap de lutte pour la reconquête pacifique du pouvoir.

J’en appelle donc à l’Etat congolais, représenté par l’armée, la police, la gendarmerie et la justice d’arrêter Sassou Nguesso. Je demande aussi aux Congolais de ne plus accepter au Congo, l’organisation des manifestations internationales comme le tournoi de handball car le pouvoir est illégal et ne peut engager la responsabilité du Congo.

L’opposition de son côté se fourvoie en étant trop conciliant avec Sassou Nguesso. Ceux qui pensent avoir raison en parlant de la gouvernance électorale assurée par la communauté internationale ne savent pas de quoi ils parlent.

Qui a vu le visage de la communauté internationale ? Qui a vu le costume de la communauté internationale ? Il s’agit d’une donnée difficilement quantifiable et qualifiable en termes de politique internationale.

Faisons les choses nous-mêmes, combattons d’abord Sassou Nguesso et n’ayons pas peur de ses menaces, peu importe ce que Sassou Nguesso menace de vous enlever : vos business, vos mandats électifs… Le combat politique est au-dessus de tout ça car il s’agit de la vie de la population. Celui qui a peur de perdre ne peut pas gagner.

En attendant, JOYEUX NOEL

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