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Le blog qui propose une analyse approfondie sur la politique congolaise, africaine et mondiale. Ce blog s'adresse à tous ceux qui souhaitent avoir une idée précise sur ce qu'il se passe dans notre planète.

A vos marques, prêts, votez !

Publié le 8 Février 2016 par Didier MOUEGNI IVOLO in Article

Par

Didier MOUEGNI IVOLO

Chercheur et consultant associé en politique internationale

Avec l’annonce de Guy Brice Parfait Kolélas et de Clément Mierassa comme candidats à l’élection présidentielle du 20 mars 2016, nous pouvons dire que la course à la présidence de la république est véritablement lancée. En plus de Sassou Nguesso, tous les ténors de l’opposition sont sur la ligne de départ. Mais avant de courir, il vaut mieux préparer la course pour ne pas prendre un mauvais départ ou faire une mauvaise course.

Dans cet article, nous donnons quelques conseils à l’opposition congolaise et à tous les Congolais pour contrer la stratégie de Sassou Nguesso et le battre à son propre jeu.

Mais il faut pour cela que les leaders de l’opposition et tous les Congolais s’arment de courage et de détermination. Qu’ils n’aient pas peur d’en découvre avec le PCT et son leader, Sassou Nguesso, qu’ils mettent sur la table des débats les vrais sujets auxquels les Congolais sont attachés : scolarité, formation, emploi des jeunes, agriculture et bonne alimentation, développement régional, bonne gouvernance et transparence économique, industrie et entreprenariat, communication, innovation, internet et nouvelles technologies, corruption politique, réforme institutionnelle et réforme de l’Etat, politique budgétaire et politique monétaire…

Voilà autant de sujets pour lesquels nous attendons des leaders politiques congolais, des analyses et des propositions crédibles.

Ce que nous demandons aux leaders politiques, qu’ils parlent de la réalité du Congo et des Congolais. Qu’ils disent comment ils comptent changer les choses, avec quoi, comment et sur quelle durée ?

Et l’élection présidentielle alors

Pour l’élection présidentielle à venir, il y a eu deux points de vue dans l’opposition congolaise. Pour certains, l’opposition ne doit pas participer à cette élection pipée d’avance, car Sassou Nguesso n’organise pas une élection pour la perdre. Et même s’il perd, il dira qu’il a gagné et personne ne pourra le contester. Il ne faut donc pas donner une forme de légalité et de légitimité au pouvoir de Sassou Nguesso.

La deuxième position consiste à dire que l’opposition doit participer à l’élection présidentielle et battre Sassou Nguesso à la régulière. Très vite, il faut balayer en un tour de bras cet argument qui affirme que ceux qui ne seront pas candidats à la présidentielle ne pourront se présenter aux législatives. Tout le monde n’est pas obligé d’être candidat à telle ou telle élection. Les gens ont la liberté de choisir. Tout Congolais peut choisir d’être candidat à l’élection présidentielle et non aux législatives et vice versa.

Le ministre de l’intérieur n’a pas l’autorité suffisante pour décider qui participe ou pas à telle ou telle élection. Cette participation est définie par la loi, par la constitution et le ministre de l’intérieur n’est pas le frère jumeau de la constitution pour la remplacer de temps en temps.

Avant d’aller au vote, l’opposition doit se préparer en conséquence. Chaque parti politique doit former ses délégués qui iront dans les bureaux de vote. Ces derniers doivent étudier et intégrer la loi électorale. Ils doivent rester vigilants et veiller aux opérations suivantes :

  • Vérifier que tous les bulletins de tous les candidats sont bien dans les bureaux de vote,

  • Vérifier que tous les partis politiques sont représentés dans les bureaux de vote,

  • Vérifier que les représentants de l’ONU, de l’Union Africaine (Commission Paix et Sécurité, Commission des Affaires Politiques), de l’Union Européenne, de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) sont bien dans les bureaux de vote...

  • Les partis politiques doivent former leurs représentants à la loi électorale, au maniement du matériel électoral, à la signature des procès-verbaux, mais aussi à la transmission des résultats de chaque bureau de vote à leurs états-majors et aux institutions internationales. Prendre des photos des procès-verbaux et envoyer.

Il est à noter que cette méthode de travail sur les élections a été retenue au Burkina Faso où, même les organisations de défense des citoyens ont été présentes dans les bureaux de vote et associées dans tout le processus électoral. Ainsi, si le pouvoir en place à Brazzaville n’a rien à se reprocher, s’il n’a rien à craindre, alors nous lui proposons d’adopter cette méthode.

La loi électorale qui vient d’être publiée le 25 janvier 2016 crée la Commission Nationale Electorale Indépendante, en abrégé CNEI.

L’article 17 de la loi électorale stipule que :

  • La Commission Nationale Electorale Indépendante est un organe indépendant, doté de l’autonomie financière.

  • Au sens de la présente loi, l’indépendance s’entend de la capacité de fonctionner effectivement et de prendre des décisions concernant l’organisation, la gestion et la conduite des opérations électorales.

  • La Commission Nationale Electorale Indépendante garantit l’impartialité, la transparence et la régularité des élections ainsi que le caractère juste des résultats issus des opérations de vote.

A ce titre, la CNEI a pour missions :

a) - Au stade des actes préparatoires accomplis de concert avec l’administration :

  • De proposer à l’administration toutes mesures susceptibles de contribuer à la bonne tenue des élections ;

  • D’en assurer le suivi et le contrôle ;

    b) - Au stade de l’organisation du scrutin :

  • D’assurer, de concert avec l’administration, la distribution des cartes d’électeurs ;

  • D’organiser les différents scrutins ;

  • De veiller à la régularité des opérations de campagne électorale et de faire aux candidats toute injonction utile au bon déroulement de celle-ci…

    Nous pouvons ainsi, égrener les différents articles qui montrent le caractère impartial de la loi électorale. Reste maintenant à appliquer la loi.

    Nous demandons donc au futur président ou à la future présidente de la CNEI, pour organiser une élection présidentielle crédible, qui garantit l’impartialité, la transparence et la régularité des élections ainsi que le caractère juste des résultats issus des opérations de vote, de proposer et exiger à l’administration :

  • La révision du fichier électoral. On ne peut aller au vote avec les listes actuelles qui sont tronquées car l’élection présidentielle au suffrage universel direct est une élection à circonscription unique : une personne une voix. Ainsi, cette élection sera contestée car entre 2007 et 2014, plus de 100 000 électeurs sont apparus dans les listes du nord du Congo et plus de 100 000 électeurs ont disparus des listes du Sud du Congo. Comment expliquer cette différence ?

  • La distribution des cartes électorales biométriques, car c’est la meilleure façon d’avoir une élection régulière et sans fraude massive.

  • La supervision du vote par les organisations internationales gouvernementales et non-gouvernementales.

  • Le bulletin de vote unique et,

  • La fixation de la date du 2ème tour.

    En tout cas, l’article 17 demande aux responsables de la future CNEI de neutraliser les sources de problèmes et d’être impartiaux dans la gestion de l’élection présidentielle.

    Venons-en maintenant aux articles 5 et 6 de la loi électorale. Depuis la loi électorale de 2001, ces articles n’ont pas changé d’un iota.

    Article 5 : Sont électeurs les Congolais des deux sexes âgés de 18 ans, au moins, jouissant de leurs droits civils et politiques.

    Article 6 : L’exercice par l’électeur du droit de suffrage est subordonné à son inscription sur une liste électorale de la circonscription administrative où se trouve son domicile ou sa résidence, sauf dérogation prévue par la présente loi.

    Les congolais résidant à l’étranger doivent, pour être électeurs :

    - Etre immatriculés au consulat ou à l’ambassade de la République du Congo dans le pays de leur résidence ;

    - Etre inscrits sur la liste électorale de l’ambassade ou du consulat dont relève le pays de résidence.

    Nous demandons donc aux Congolais vivant à l’étranger de se rendre rapidement aux ambassades et consulats du Congo dans les pays où ils résident pour s’inscrire sur les listes électorales et participer au vote. Il s’agit d’un acte citoyen. Tout le monde doit se mobiliser pour barrer la voix à Sassou Nguesso. Et dites-vous bien qu’aucune ambassade, aucun consulat ne peut refuser de le faire.

    En effet, Sassou Nguesso se croit plus malin et plus intelligent que le reste des Congolais. En fait, il est seulement dans sa génération, celui qui arrive à utiliser l’argent du Congo pour corrompre ses frères et sœurs d’âge. Il n’hésite pas à acheter les consciences au détriment du bien être des Congolais. Mais pour le reste, il sera pris à son propre jeu.

    Il avait cru et il en était persuadé que l’opposition n’irait pas à l’élection présidentielle avec lui. Il pensait que l’opposition se contenterait de critiquer son attitude. Mais il est surpris que celle-ci est bien décidée à aller au vote et de le battre à son propre jeu.

    Au regard de ce que nous venons d’écrire, nous disons que le 20 mars, votez !

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