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Le blog qui propose une analyse approfondie sur la politique congolaise, africaine et mondiale. Ce blog s'adresse à tous ceux qui souhaitent avoir une idée précise sur ce qu'il se passe dans notre planète.

L’Union Africaine délivre le permis de tuer aux dictateurs de l’Afrique Centrale

Publié le 4 Février 2016 par Didier MOUEGNI IVOLO in Article

Par

Didier MOUEGNI IVOLO

Du 30 au 31 janvier 2016 s’est tenu à Addis-Abeba, le 26ème sommet de l’Union Africaine. Presque tous les chefs d’Etats du continent se sont rendus à cette grande messe, exception faite de quelques-uns d’entre eux, comme Kurunziza qui craignent un coup d’Etat en cas de déplacement à l’étranger.

Un point a dominé ce 26ème sommet, la situation sociopolitique au Burundi. En effet, l’Union Africaine est très préoccupée par le niveau très élevé de la violence dans ce pays des Grands Lacs, qui fait aussi partie de la sous-région Afrique Centrale. Depuis que le président Pierre Kurunziza avait eu l’idée de se maintenir au pouvoir alors que les accords d’Arusha limitaient à deux le nombre de mandats pour le président de la république, le pays tout entier avait basculé dans la violence. En quelques mois, les organisations internationales comptaient des centaines de morts.

Pour la présidente de la commission africaine, Madame Nkosazana Dlamini-Zuma, la protection des civiles nécessite l’envoi de près de 5000 hommes des forces de maintien de la paix de l’Union Africaine. Ce que soutiennent les responsables des commissions Paix et Sécurité et des Affaires Politiques.

Mais pendant ce 26ème sommet de l’Union Africaine, le pouvoir burundais a bénéficié du soutien de certains pays comme l’Egypte d’Abdel Fattah Al-Sissi et la Guinée Equatoriale de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Ces deux pays, craignant qu’une intervention au Burundi ne crée un précédent pour leurs propres pays ont affirmé qu’au nom de la souveraineté nationale, l’Union Africaine ne pouvait envoyer 5000 hommes pour assurer la sécurité des populations au Burundi sans l’accord du pouvoir burundais.

En renonçant à son projet de déploiement des troupes de paix et sécurité au Burundi, en reculant devant des dictateurs, l'Union Africaine reconnaissait son impuissance à imposer ses décisions aux états membres, mais surtout, elle venait de délivrer aux dictateurs africains et en particulier ceux de l'Afrique Centrale un permis de tuer.

En effet, si 400 morts en quelques mois ne peuvent permettre à l’Union Africaine d’intervenir au Burundi, cela suppose que pour l’Union Africaine et peut être aussi pour toute la communauté internationale, il faut un certain nombre de morts pour susciter la pitié internationale et déclencher une intervention. Nous comprenons mieux pourquoi Sassou Nguesso peut tuer à Brazzaville et Pointe Noire sans craindre une quelconque intervention. D’ailleurs, il n’y a pas eu la moindre condamnation.

Dès lors, nous demandons à l’Union Africaine de nous dire il faut combien de morts pour arrêter les dictateurs africains, car d’une manière ou d’une autre, nous mourons en Afrique Centrale par la faim, la misère et la maladie aussi. Alors dites-nous, combien de morts pour que vous intervenez ?

Regardez comment les chefs d’Etats en Afrique de l’Ouest arrivent tant bien que mal à résoudre les crises de leur sous-région. Le Burkina Faso est le dernier exemple en date.

En Afrique Centrale, nous avons à faire à une bande de chefs d’Etats qui ont pris les pays en otage. Ils ne veulent pas quitter le pouvoir et sont capables de tuer pour arriver à leurs fins.

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