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Le blog qui propose une analyse approfondie sur la politique congolaise, africaine et mondiale. Ce blog s'adresse à tous ceux qui souhaitent avoir une idée précise sur ce qu'il se passe dans notre planète.

Correspondances avec les compatriotes

Publié le 16 Avril 2017 par Didier MOUEGNI IVOLO in Article

Je viens de lire avec beaucoup d’attention votre mail. Le problème est que vous n’êtes pas nombreux à avoir cette conscience du parcours historique de la femme et de l’homme Noirs depuis nos origines, en passant par des évènements comme la Traite Négrière, la Colonisation, les indépendances, la difficile construction de l’Etat et de la Nation, le développement économique, le progrès humain dans les pays noirs.

A toutes ces questions, l’Homme Noir n’a pas consacré du temps, beaucoup de temps. Certains l’ont fait (lire Le Point : la pensée noire, avril – mai 2009 et Lilian Thuram « Mes étoiles noires »), mais ils ont été très vite éliminés, parfois par l’occident mais avec l’aide des Noirs eux-mêmes. Comment comprendre que la mort d’un grand maître comme Cheick Anta Diop, semble-t-il par empoisonnement, n’ait entrainé aucune enquête de police et de justice ?

Sans vouloir vous faire peur, comment comprendre que lorsqu’une tempête touche les Caraïbes, seule la Haïti est ravagée avec plus de 200 ou 2000 morts alors qu’il n’y a aucun mort à Cuba et à la République Dominicaine, exceptées quelques destructions ? Pire, la République Dominicaine et Haïti sont sur la même terre, regardez la carte géographique. Comment comprendre l’extrême pauvreté de Haïti à côté de la riche République Dominicaine ? Est-ce la malédiction de Cham… ?

Vous dites vous-même dans votre mail que « Mais la vie est toujours un combat de tous les temps ». Mais dites-moi, qui se bat pour l’Afrique Noire ? Personne, même pas les chefs d’Etat d’Afrique Noire. Ils préfèrent financer les campagnes politiques en Europe, surtout en France que d’acheter des médicaments pour les populations africaines, financer les infrastructures… A qui la faute ?

Regardez les biens mal acquis. Comment comprendre que le fils de Sassou Nguesso puisse dépenser 250000€ pour acheter des chemises. La réponse qu’il donne à la police française est qu’il met une chemise une fois. Même le pape et le président américain lavent leurs chemises pour les porter encore et encore.

Sassou Nguesso lui-même a dépensé plus d’1 million d’€ pour les costumes, chemises et cravates, selon le journal Libération qui a eu accès aux pièces du dossier. Regardez les photos officielles et chiffrez ce que Sassou Nguesso a sur son corps : costume, chemise, montre, chaussures… c’est indécent pour le président d’un pays dit pauvre, qui demande du transfert de technologie et surtout qui quémande l’aide public au développement.

Je ne dis pas que c’est facile, mais il faut y travailler et nous refusons de travailler, on bricole, on refuse même les évidences de la science et de la technologie. Nous ne sommes pas dans la compétition internationale. Chaque pays défend ses intérêts, chaque pays s’occupe d’abord de lui-même. Sassou Nguesso préfère payer les salaires des fonctionnaires centrafricains et prêter de l’argent à la Côte-d’Ivoire alors que les Congolais souffrent.

Quelle règle de management est respectée dans la gestion des entreprises chez nous. Regardez à quoi servent nos banques centrales, nos trésors, nos douaniers sont corrompus comme nos policiers et nos militaires. Les fonctionnaires traitent des dossiers selon le nom et l’appartenance ethnique, lorsqu’ils ne demandent pas tout simplement de l’argent aux gens qui sont déjà pauvres…

Les pays d’Afrique Noire attendent calmement le transfert de technologie et l’aide public au développement, au lieu de réfléchir, de penser, de travailler à leur propre investissement. Sans compter la haine entre populations dans un même pays.

Citez-moi un pays qui s’est développé avec l’aide public au développement et le transfert de technologie, aucun. Alors pourquoi les Africains Noirs pensent qu’ils peuvent se développer avec des théories auxquelles personne ne croit. Posez la question aux professeurs d’économie au Congo. C’est quand même leur job d’écrire des articles et des livres pour nous dire quel modèle économique on doit suivre. Sinon, qu’est-ce qu’ils enseignent à leurs étudiants : les livres des autres.

Il nous faut une remise en question de notre façon de faire, de notre façon de gérer nos pays. Ni le pouvoir et ni l’opposition n’ont la solution au Congo. Il faut changer toute la classe politique

Même la religion est mal utilisée chez nous. Alors que pour se développer l’Occident a réduit l’influence de l’église dans la gestion des affaires de l’Etat, en Afrique Noire, nos chefs d’Etat et hommes politiques sont contents d’être eux-mêmes des grands des loges maçonniques dans leurs pays respectifs : Sassou Nguesso est grand maître de la loge de Brazzaville, Ali Bongo est le même à Libreville et Fort Gnassingbé à Lomé. Sans oublier que toutes des salles de cinéma de Pointe Noire sont devenues des églises d’éveil ou de réveil. A croire qu’on est tous endormi. C’est peut-être vrai.

Il y aurait tant à dire. Je m’arrête-là, pour le moment.

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