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Le blog qui propose une analyse approfondie sur la politique congolaise, africaine et mondiale. Ce blog s'adresse à tous ceux qui souhaitent avoir une idée précise sur ce qu'il se passe dans notre planète.

Défendre l'intérêt national

Publié le 26 Août 2017 par Didier MOUEGNI IVOLO in Article

La réaction à avoir lorsque l’on voit des reportages sur les relations entre l’Afrique noire et l’occident est de se demander ce que font nos dirigeants ? Je vais essayer d’être bref et précis.

Nous avons des Etats de type moderne avec des gouvernements qui ont la charge de protéger les populations et surtout d’utiliser les richesses du pays pour s’occuper du peuple : santé, protection sociale, formation, emploi, loisirs…

Les présidents africains, comme ceux de l’occident ont prêté serment pour protéger leurs pays et signer des accords que si ceux-ci sont à leur avantage. En tout cas, en politique internationale, on ne vous tue pas si vous refusez de signer un accord à votre désavantage.

La question est donc de savoir pourquoi les chefs d’Etats et les gouvernements africains signent-ils des accords qui nuisent à leurs populations ? Comment ils font pour signer des accords qui tuent leurs propres peuples ?   

 

La politique internationale est aussi définie par le fait que chaque Etat défend ses propres intérêts et assure lui-même sa sécurité (National Security), puisque ce sont des Etats indépendants et souverains. Ce que l’on appelle par « l’intérêt national », « National Interest » pour les anglo-saxons, c’est le fait que tout pays n’agit que s’il y trouve son compte, sinon, on refuse.

Ainsi, le Congo par exemple ne peut importer un carburant de mauvaise qualité qui va rendre ses populations malades et affaiblir le pays, car on ne peut se développer avec une grande partie de la population active en mauvaise santé.

Le « American first » de Trump traduit bien le caractère du système international où chaque pays se protège contre les autres et coopère selon ses intérêts. Chaque pays défend sa cause d’abord avant de s’intéresser aux autres. Et les autres ne m’intéressent que s’ils servent aussi mes intérêts.

Tout récemment, le président français Emmanuel Macron a nationalisé en partie les chantiers navals de Saint Nazaire, entrainant la colère du gouvernement italien.

Macron fait ce choix de nationalisation pour protéger les intérêts français. Mais les Italiens qui ont racheté une partie des chantiers navals risquent de perdre de l’argent dans cette opération. Le gouvernement italien est dans ses droits de réagir. On est donc dans un conflit entre les deux pays, la France et l’Italie, au nom de la protection ou de la défense de l’intérêt national. D’ailleurs, Emmanuel Macron et le gouvernement italien ont tous deux utilisé ce terme : Intérêt national.   

Et dans ce combat, il ne s’agit pas d’avoir raison ou tort, il s’agit de montrer ses muscles et défendre ce que l’on croit être son intérêt national.

 

Notre tort, c’est de nous plaindre là où il faut travailler et se battre pour se développer et être respecter. Dans le système international, on ne s’intéresse pas aux pleurnichards. Il faut arracher sa place dans le concert des Nations. C’est ce que la Chine a fait, c’est ce que les pays comme l’Iran, le Brésil, la Turquie, l’Inde, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud… essaient de faire. Ce n’est pas facile, on ne nous fera pas de cadeaux. Il n’y a pas de Noël dans la compétition internationale pour espérer recevoir un cadeau ?

Pour exemple, jusqu’à la seconde guerre mondiale, les Occidentaux se sont fait la guerre au nom de la défense de l’intérêt national, en Europe même et même à travers le monde, dans la conquête des terres africaines et asiatiques. Avant, c’était les terres en Amérique et les Indiens d’Amérique en savent quelque chose.  

 

Même ce que l’on appelle l’aide internationale ou l’aide publique au développement. Vous avez vu un pays développer en appliquant les recommandations du FMI ? Vous avez vu un pays progressé grâce à l’aide d’un autre pays ? Ce pays n’existe pas. L’aide aide celui qui aide.

 

Le développement économique, politique et social est une volonté nationale, c’est un projet national, c’est un contrat national et républicain. On peut toujours attendre les autres, rien ne se passera car les autres ont leurs propres problèmes et ils ne viendront pas. Sauf pour nous mentir et nous enfermer dans une espèce d’espoir sans fin. Et Nietzche disait que « l’espoir est le pire des maux car il prolonge la souffrance humaine ».

 

La seule loi mécanique, c’est NAITRE et MOURIR. Mais le développement et l’évolution résultent du travail conscient, de la production des biens nécessaires à notre existence. Si notre existence dépend de l’importation de 90% de nos biens et nos besoins, nous sommes exposés et nous sommes en danger. C’est pourquoi tous les pays qui veulent être respectés produisent 80% de leurs biens de consommation.  

 

L’interdépendance est aujourd’hui le meilleur paradigme de politique internationale. Tu me tiens, je te tiens. Tu me lâches, je te lâche. Lorsque nous sommes interdépendants l’un l’autre, nous nous respectons. Or, l’Afrique Noire dépend des autres et n’arrive pas à créer cette interdépendance.  

On ne peut gérer des Etats de type moderne avec un comportement comme celui des Sassou Nguesso, de Biya, de Bongo…

 

Didier MOUEGNI IVOLO

Spécialiste des questions internationales

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