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Le blog qui propose une analyse approfondie sur la politique congolaise, africaine et mondiale. Ce blog s'adresse à tous ceux qui souhaitent avoir une idée précise sur ce qu'il se passe dans notre planète.

La République du Congo-Brazzaville est encore gouvernée ?

Publié le 24 Octobre 2013

La République du Congo-Brazzaville est encore gouvernée ?

Que se passe-t-il ?

Le jeudi, 17 octobre 2013 à 16h39, en sortant d’une réunion au travail, je retourne dans mon bureau et je vois mon portable qui clignote, indiquant que j’avais reçu un message (texto). Je jette un œil au message et à la lecture du contenu, mon sang a fait un tour.

A la fin du service, je rentre chez moi et vérifie l’information sur internet. Bizarrement, seuls quelques internautes congolais en parlent. Ni RFI, ni les autres chaines d’information continue (BFM et itélé par exemple), ni TF1 ou France2, pour ne citer que celles-là, ne parlent non plus.

Je suis donc dans le doute : intox ? Manipulation? Pourquoi l’Angolais occuperait-elle une partie du Congo ? Qui a donné l’ordre à ces soldats de traverser la frontière… ? Dos Santos et Sassou sont-ils en conflit ? Pourquoi ?

Allant plus loin, je me demande : Qu’en pense François Hollande, sachant que celui-ci déteste Sassou ? Que va faire Total ? Et la Chine dans tout ça ? Nous savons que ce pays est à la recherche des matières premières plus que nécessaires à sa grande industrie et pour soutenir son projet de développement économique. Outre la Chine, le pays à suspecter est l’Israël, mais là, il y a un doute. En tout cas tout ça reste des hypothèses car je veux comprendre.

Je passe aussi quelques coups de fil aux compatriotes ici en France, ils ne sont pas au courant. Quant aux Congolais au pays, excepté ceux des territoires occupés par les militaires angolais, ils ne sont pas informés du drame que vivent une partie de la population. Cela pose le problème de la circulation de l’information en temps de crise, car comment protéger les populations si on ne sait comment les informer.

C’est finalement le vendredi 18 octobre 2013 vers 19h, après mon service, en écoutant RFI dans ma voiture que j’entends parler de ce problème.

Pour le ministre angolais des affaires étrangères, ce sont les militaires congolais qui sont entrés en territoire angolais. Selon lui, les militaires angolais étaient déployés dans les villages appartenant à l’Angola.

Sauf à être incompétent et nul en géographie, je ne sais pas comment mettre Kimongo et ses environs dans la carte de l’Angola.

Plus grave, c’est l’attitude du gouvernement congolais. Son ministre des affaires étrangères se refuse de tout commentaire.

Il s’agit là d’une attitude grave de conséquences car le gouvernement congolais, dans la gestion de cette affaire a fait preuve d’amateurisme, de négligence et d’impuissance qui sacrifie la souveraineté, la sécurité et l’intérêt national.

Sécurité nationale, souveraineté nationale et intérêt national sont des questions non négociables dans la politique internationale de tout Etat souverain. Cela veut dire que dès que des militaires d’un autre Etat, par erreur ou par agression traversent la frontière, l’Etat agressé doit automatiquement saisir le conseil de sécurité des Nations Unies, demander une réunion d’urgence de celui-ci. Saisir l’Union Africaine et faire la même démarche. De même, l’Etat « victime » informe les grandes puissances (USA, France, Grande Bretagne, Allemagne, Canada, Chine, Russie…) Il informe aussi les pays voisins.

Surtout, l’ambassadeur du pays agresseur est convoqué pour s’expliquer sur l’attitude de son Etat.

Cette démarche est le minimum que doit faire tout Etat, puissant ou pas. Pour donner un exemple : la Chine populaire a une puissance de feu conventionnelle pour rayer l’île de Taïwan de la carte du monde. Mais nous voyons tous comment Taïwan s’oppose, condamne certaines attitudes de la Chine.

La politique internationale est un jeu auquel se livrent les nations, les Etats. Chacun joue sa partition, comme un jeu de dames ou d’échec. Un jeu dans lequel il n’y a pas d’amis, que des intérêts. Sassou vient de l’apprendre à ses dépens, lui qui prenait Dos Santos pour un allier fiable.

Il reste une solution à Denis Sassou NGuesso : travailler avec tous les Congolais existant sur terre. Il doit faire un recensement général des Congolais vivant dans tous les pays. Voir avec eux ce qu’ils peuvent apporter, chacun dans son domaine pour développer le Congo.

Il devient urgent pour nous d’élaborer une stratégie face à tous nos voisins. Savoir quelles sont les intentions des uns et des autres. Dons penser et repenser sans cesse, sans fin notre politique étrangère. Avec ce qu’il vient de se passer, finie la pagaille et place au travail et au travail sérieux.

Il devient aussi urgent de penser notre armée. Elle est passée maitresse pour traumatiser des populations locales au lieu de protéger nos frontières. Et toute cette foule des généraux, qu’est-ce qu’ils conseillent de faire ? Sont-ils capables de s’opposer aux militaires angolais ? Avec quoi ? Comment… ?

Enfin, il faut mettre à la tête des affaires étrangères quelqu’un qui sait attirer au Congo des pays amis. Il faut en finir avec ses ministres des affaires étrangères qui dorment à Brazzaville au lieu de sillonner le monde à la recherche des partenaires sérieux en cas de crise.

Regarder les USA et la France, pourtant grande puissance militaires. Ces deux pays sont sans cesse à la recherche des alliés dès qu’il s’agit des conflits armés.

Les USA peuvent détruire seuls Bachar Al Assad. Mais le système international n’est pas l’univers de Star Wars où on passe le temps à se battre, les plus forts détruisant les plus faibles. Il est vrai que certains spécialistes définissent le système international comme étant anarchique, mais cet anarchisme ne veut pas dire absence de règles. C’est pourquoi don même des puissances comme les USA réfléchissent avant d’agir. Nous avons vu Clinton échoué à Mogadishu contre les groupes armés.

En conclusion, peu importe les intentions de l’Angola et de Dos Santos, dans le monde d’aujourd’hui, le Congo Brazzaville, compte tenu de sa position géographique (pays de transit pour de nombreux autres pays de la sous-région), de son port maritime, de ses richesses et de l’intelligence de ses cadres et de son peuple, doit se préserver des agressions en ayant une politique de développement économique, politique, militaire (penser stratégie, géopolitique, géostratégie…), sanitaire, éducatif…

Mid Dids

Master degree en politique internationale

Université Fudan, Shanghai

Chine

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