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Le blog qui propose une analyse approfondie sur la politique congolaise, africaine et mondiale. Ce blog s'adresse à tous ceux qui souhaitent avoir une idée précise sur ce qu'il se passe dans notre planète.

Après moi le déluge ou comment Sassou Nguesso surfe sur la peur pour se maintenir au pouvoir

Publié le 18 Juillet 2015 par Didier MOUEGNI IVOLO in Article

Par

Didier MOUEGNI IVOLO

Master’s degree en Politique Internationale

Université Fudan, Shanghai – Chine

Master2 professionnel Sciences Humaines et Sociales

Option Sciences de l’Education

Université Paris Descartes

Faculté des Sciences Humaines et Sociales - Sorbonne France

Introduction

Le Congo courre un danger, un grand danger et celui-ci s’appelle Denis Sassou Nguesso. Depuis décembre 1968, celui-ci est arrivé dans les arènes du pouvoir caché dans la valise d’un certain Marien Ngouabi, grand maître du marxisme léninisme en Afrique Centrale. Il fait ses armes auprès de lui avant de le dépasser. Ngouabi est assassiné, Sassou Nguesso alors son ministre délégué à la défense ne sait rien, n’a rien vu et n’a des comptes à rendre à personne.

Depuis l’assassinat de Ngouabi, Sassou Nguesso a pris gout et au pouvoir et au coup de force militaire. Il s’est juré d’être un jour président du Congo et ce, jusqu’à sa mort. « Je ne serai jamais appelé ex-président », disait-il pendant la conférence nationale de 1991 – 1992.

A la mort de Ngouabi, Sassou Nguesso est le n°2 du Comité Militaire du Parti (CMP). En fait, il est le n°1. Yhombi Opangault, alors président est un gros dormeur et un jouissif. Malgré les notes et les avertissements de Pierre Anga, Yhombi sera bêtement persuadé que Sassou Nguesso ne cherche pas à le nuire, qu’il se contente de sa place de n°2. Ngouabi lui aussi ignorait la dangerosité de Sassou Nguesso. D’ailleurs, tous les hommes et femmes politiques du Congo-Brazzaville et de la génération de nos parents ont ignoré ou fait semblant d’ignorer la dangerosité de Sassou Nguesso.

Le 5 février 1979, Sassou Nguesso dépose Yhombi Opangault après un brillant coup d’Etat de palais. En tout cas, Yhombi n’a rien compris et Sassou l’a mis en prison pendant 11 ans sans procès, sans condamnation. Sassou Nguesso fera ensuite le siège d’Owando pour traquer Pierre Anga. Les populations d’Owando ont souffert le martyr pendant ces années. Nombreuses sont encore des familles qui se souviennent de ces moments durs et terribles. Ils n’ont pas oublié.

Aujourd’hui, Sassou Nguesso refuse de quitter le pouvoir. Il ne peut même pas laisser le pouvoir à son fils ou à sa fille car il ne fait confiance à personne, même pas à sa propre ombre. D’ailleurs, ses enfants en pole position pour le pouvoir sont nés de mères étrangères, donc ils ne peuvent être présidents avec la constitution actuelle qui stipule que pour être candidat à la présidence de la république, il faut être né de père et de mère congolais. Ce qui n’est pas le cas de ses ombreux enfants. On peut même se demander s’il n’a pas fait exprès en rédigeant cette constitution.

Sassou Nguesso essaie donc de faire peur aux Congolais pour rester au pouvoir. Il effraie le peuple avec des anathèmes rappelant la guerre de juin 1997 qu’il a lui-même déclenché. Alors simple citoyen, il fait un coup d’Etat militaire au motif que Lissouba n’était pas démocrate, tantôt, il affirme que Lissouba ne voulait pas organiser les élections et respecter la constitution (de l’époque), que Lissouba ne respectait pas la constitution…

Force est de constater que tout ce qu’il a reproché à Lissouba et qui était faux, c’est ce qu’il est en train de faire aujourd’hui. Il se sent coincer et donc il menace, il fait des arrestations arbitraires, il interdit des leaders politiques de sortir du pays… Il est en panique, il panique.

Nous allons dans les lignes qui suivent donner quelques indications, quelques réflexions et analyses pour comprendre le problème Sassou Nguesso.

Qui est Sassou Nguesso

La biographie de Sassou qui circule sur le net ne donne pas beaucoup d’indication sur le parcours scolaire et le parcours professionnel de Sassou Nguesso. Comme souvent, tout ce qui concerne un chef d’Etat en Afrique contient des zones d’ombre. On sait seulement qu’il a essayé d’être enseignant, en fait maître d’école primaire, sans conviction. Mais comment il est arrivé dans l’armée reste un mystère. Par où il est passé, difficile à dire.

Son ministre des zones économiques spéciales, M. Alain Akouala Atipault dira même lors d’une interview que c’est Sassou Nguesso lui-même qui a donné le stylo pour que Youlou signe sa démission. Sassou Nguesso appréciera une telle sortie de route.

Donc, nous comprenons que Sassou est sous-lieutenant en 1963. Il est né le 23 novembre 1943. Donc il est sous-lieutenant à 20 ans. Plutôt étonnant de voir un sous-lieutenant de 20 ans dans une armée coloniale ou même postcoloniale.

Sassou Nguesso arrive très vite au grade de commandant. Personne n’a entendu parler du capitaine Sassou. Du grade de commandant à la mort de Ngouabi il est devenu colonel. A-t-il été lieutenant-colonel ?

Président à partir du 5 février 1979, il est vite devenu général d’armée. Il n’a pas été général de brigade, ni général de division, ni général de corps d’armée. Sassou Nguesso aime savoir qu’il est « ya mokolo yo oleki bango ». Aussi, il ne peut pas avoir les mêmes grades que les autres. Il doit être devant et les autres derrières. Avant d’être président de la république, il n’a jamais été le plus gradé de l’armée congolaise. On peut déjà voir dans cette attitude le degré de jalousie qu’il a témoigné et qu’il témoigne encore vis-à-vis des autres militaires, surtout les plus anciens que lui.

Même si son parcours est entaché d’embuche, Sassou Nguesso est le dernier vestige de l’époque coloniale. Il n’a plus des gens de sa génération en politique au Congo. Ceux de sa génération sont tous à la retraite.

Regardez la classe politique congolaise aujourd’hui : Ni Pascal Tsaty-Mabiala, ni Parfais Kolélas, ni Okombi… ne sont de sa génération. Sassou Nguesso a lutté avec leurs pères et aujourd’hui il est en conflit politique avec les enfants ?

Aujourd’hui, Sassou devrait prendre sa retraite. Le voir en lutte avec des leaders politiques qui ont le même âge que ses enfants m’attriste et ne fait pas avancer la pensée politique au Congo.

Sassou Nguesso est :

- Le président de la république qui a le plus duré au pouvoir au Congo et même en Afrique avec 32 ans de règne.

- Sassou Nguesso est le président de la république qui a le plus changé de constitution sans trouver la bonne. Huit au total. Et aujourd’hui encore, il essaie de tromper le peuple en voulant changer la constitution.

- Sassou Nguesso est le président de la république qui a connu plusieurs de booms pétroliers et qui s’est illustré par la médiocrité dans la gestion de la chose publique.

- Sassou Nguesso est le président de la république qui a amené le pays à un niveau tellement bas, il a tellement affaibli notre armée que plus aucun pays ne nous prend au sérieux. Les exemples des incursions de l’armée angolaise à Kimongo et des militaires de la RDC le long du fleuve Congo sont édifiants.

- En somme, Sassou Nguesso est le président qui le plus a trahi le Congo et les Congolais avec des promesses qu’il n’a jamais tenu.

Sassou Nguesso déteste l’école, les élèves, les étudiants et tous les diplômés

Il est une chose à retenir : Ceux qui dirigent le Congo, Sassou Nguesso comme ses lieutenants et sbires sont tous des fruits de l’école publique. Cette école est née pendant la colonisation car le projet colonial, qui consistait à exploiter les ressources africaines et donc congolaises au profit de la puissance coloniale, c’est-à-dire la France, avait besoin de main d’œuvre. Aussi, le colonisateur a créé des écoles pour former d’abord des interprètes au service de l’administration colonial. Ceci se passe dans toute l’Afrique. Le plus connu en Afrique est Wangrin dans le roman d’Amadou Hampaté Bâ .

Au Congo, Jean Malonga est plus connu comme le père de la littérature congolaise moderne, avec sa « Légende de m’pfoumou ma mazono ». Mais très peu de Congolaise le connaisse comme interprète pour l’administration coloniale française, mais aussi comme infirmier...

L’école publique a formé nous tous, et tous, nous sommes fiers des connaissances acquises dans cette école, de l’école publique jusqu’à l’université Marien Ngouabi.

Nous nous souvenons tous que nos professeurs, au lycée comme à l’université nous affirmaient que ce que nous enseignons ici, c’est ce qui est enseigné partout dans le monde. En aucun lieu qu’qu’un vous dira que vous avez été mal formés, mal instruits.

J’ai pu moi-même vérifier cela lors de mes études de master’s degree de politique internationale à la grande université Fudan de Shanghai en Chine et lors de mon master2en sciences humaines et sociales à l’université Paris5 Descartes.

A chaque fois, j’ai mesuré l’importante et la profondeur des enseignements reçus au Congo, dans un enseignement publique.

Et même en occident, c’est l’école publique qui forme l’élite de la Nation et de l’Etat. En France comme aux USA, en Chine comme en Afrique du Sud, l’élite vient, dans la plus part des cas de l’école et de l’université publique. Pourquoi ?

Parce que dans les écoles publiques, l’Etat sait ce qui est enseigné. L’Etat a la maîtrise des programmes, y compris à l’université. Dès lors, l’Etat sait comment est formée la conscience et l’identité nationale. En effet, l’enjeu et la finalité de l’école publique c’est de former des citoyens respectant les lois de la république, former des futurs producteurs pour le bien-être de la nation, préserver l’avenir de la nation pour que celle-ci ne disparaisse pas.

C’est pour cela que la constitution dit que l’école publique est obligatoire et gratuite jusqu’à 16 ans. Sassou Nguesso en écrivant la constitution a peut-être copié cette phrase dans la constitution française sans réfléchir, mais cela est essentiel.

A 16 ans, on est au lycée. Et au lycée, on ne se définit plus comme Lari, Mbembe, Koyou, Mbochi, Kuni, Vili, Téké, Punu… On se définit plutôt comme Congolais. On appartient à la communauté nationale et on ne défend que l’intérêt national. C’est là le projet de toute école et même de l’université. C’est là que nous allons construire l’identité nationale qui permettra à tous les Congolais d’être un, de Pointe Noire à Bétou, de Djambala à Komono. D’avoir les mêmes rêves, un même idéal, une même aspiration, les mêmes attentes par rapport aux politiques et de facto de voter projet de société et non famille ou région. Voilà le projet d’une école publique et de l’université.

Et c’est dans ce sens que nous devons comprendre monseigneur Kombo lorsqu’il affirme que « le cadre est national, il n’appartient ni à une famille ni à un clan ».

Quel est le projet scolaire de Sassou Nguesso ? Que veut-il faire de notre école et de notre université ? Quel projet pour la jeunesse congolaise ? Quel avenir pour les jeunes ? Pense-t-il à l’identité nationale ? Ses enfants et ses petits-enfants sont-ils scolarisés dans une école publique ?

Si sa famille ne met pas les enfants dans des écoles publiques, comment veut-il que le peuple envoie ses enfants dans cette école, puisque lui, le premier des Congolais ne fait pas confiance à cette école.

Les jeunes filles au Congo préfèrent se prostituer au lieu d’aller à l’école. Les jeunes garçons préfèrent voler au lieu d’aller à l’école. C’est ça pour lui l’avenir de la jeunesse ? C’est à ça qu’il pense la nuit avant de dormir ?

Nous pouvons ainsi multiplier les exemples : Même chose pour l’hôpital. Si lui et sa famille courent se soigner au Maroc ou en Europe à la moindre grippe, fuyant les hôpitaux du Congo, comment laisse-t-il son peuple se soigner dans ces hôpitaux ? Donc il préfère que le peuple meure alors que lui-même bénéficie de bons soins à l’étranger.

Un bon président, un président qui aime son peuple pense d’abord à la scolarité des enfants, aux emplois de ceux-ci après leur formation, il pense à leur santé, à leur devenir et cela se voit au quotidien. Il ne s’agit pas de lire des discours, de raconter des mensonges. Le discours du président doit être vérifié dans la vie quotidienne des populations. Voyez dans quel Etat sont les écoles au Congo.

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Un collège au Congo-Brazzaville. Ce pays exporte du bois, deuxième ressource économique du pays. Mais les élèves et les étudiants n'ont pas de tables bands. Et même l'administration n'a pas de papiers pour travailler

Un collège au Congo-Brazzaville. Ce pays exporte du bois, deuxième ressource économique du pays. Mais les élèves et les étudiants n'ont pas de tables bands. Et même l'administration n'a pas de papiers pour travailler

Sur cette photo, une école à Brazzaville. Comment un professeur, même compétant peut-il suivre autant d’élèves. Allons-nous émerger ou immerger en 2025 avec des telles écoles ? 2025 c’est dans 10 ans maintenant et depuis 19 ans qu’il est revenu au pouvoir, Sassou n’a fait que tuer l’école et l’université.

Et plus on s'éloigne des grandes villes comme Brazzaville, Pointe Noire, Dolisie..., les écoles, collèges et lycées sont dans un piteux état.

Ci-contre, une école dans un département congolais.

Ces élèves doivent bien se demander s'ils ont vraiment un avenir, dans un pays où le président de la république, Denis Sassou Nguesso parle du "chemin d'avenir". Comment compte-il faire? Voilà comment il condamne les enfants des autres à la pauvreté alors que ses propres enfants se servent dans les caisses de l'Etat. L'un de ses enfants dépense 250 000€ par an pour les chemises et manchettes.

Ces élèves doivent bien se demander s'ils ont vraiment un avenir, dans un pays où le président de la république, Denis Sassou Nguesso parle du "chemin d'avenir". Comment compte-il faire? Voilà comment il condamne les enfants des autres à la pauvreté alors que ses propres enfants se servent dans les caisses de l'Etat. L'un de ses enfants dépense 250 000€ par an pour les chemises et manchettes.

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Et pour faire diversion, il dit vouloir créer une université à Kintélé. Bonne méthode de diversion. On n’arrive pas à gérer l’université Marien Ngouabi, on trompe le peuple en voulant en construire une autre. De même qu’incapable de gérer les hôpitaux qui existent, il dit vouloir construire un hôpital général dans chaque département du Congo. Mais pourquoi faire ? Qu’il commence par équiper les hôpitaux qui existent, comme le CHU de Brazzaville (appelé CH TUE car plus personne ne guéri dans cet hôpital).

Cette méthode a un nom : PERTE DE TEMPS. Avec ce comportement, oui Sassou Nguesso nous fait perdre notre temps. Il est incompétent dans la gestion de la chose publique.

Ici, une école dans un district congolais.

Malgré des conditions difficiles, il faut louer, féliciter, adminirer le courage des parents qui croient en l'école et envoient leurs enfanst étudier. Féliciter aussi le courage des enseignants qui font preuve de sacerdoce. Les Congolais sont nombreux à aimer leur pays et veulent que ce dernier joue un rôle important dans le concert des Nations. C'est ça qui motive les enfants et les jeunes qui continuent d'étudier, c'est ça qui pousse les parents à se battre pour l'avenir de leurs enfants et c'est ça qui galvanise tout le corps enseignant.

Malgré des conditions difficiles, il faut louer, féliciter, adminirer le courage des parents qui croient en l'école et envoient leurs enfanst étudier. Féliciter aussi le courage des enseignants qui font preuve de sacerdoce. Les Congolais sont nombreux à aimer leur pays et veulent que ce dernier joue un rôle important dans le concert des Nations. C'est ça qui motive les enfants et les jeunes qui continuent d'étudier, c'est ça qui pousse les parents à se battre pour l'avenir de leurs enfants et c'est ça qui galvanise tout le corps enseignant.

Que retenir de ces photos :

D’abord, où va le bois coupé au Congo ? Henri NZombo peut-il expliquer pourquoi les écoles manquent de table band alors que les étrangers coupent et exportent le bois congolais ? Le bois congolais est-il la propriété privée d’Henri NZombo ? Ce monsieur a passé toute sa vie au ministère des eaux et forêts. Du coup, il ne fait plus la différence entre sa vie privée et la gestion de la chose publique.

Sinon, comment explique-t-il que les écoles manquent de table band quand son ministère signe des contrats d’exploitation du bois et une part de cette exploitation doit revenir au Congo ?

Il est important de parler des vrais problèmes de l’école. Il ne s’agit pas de faire des polémiques stériles.

Ensuite, comment le ministre de l’éducation nationale peut-il expliquer la médiocrité de la formation au Congo ? Comment pense-t-il révolutionner les programmes scolaires et universitaires pour que les Congolais connaissent mieux les réalités de leur pays, pour les solutionner et faire évoluer le pays. Selon lui, ministre, quel est le rôle, quelle est la fonction de l’école dans le projet de construction nationale ?

Le développement d’un pays, ou tout simplement l’émergence d’un pays passe par la pensée pensante bien pensée. Mais nous avons un gouvernement qui fait preuve de pensée mal pensée. Prenez l’exemple de la Chine, de la Turquie, du Brésil, de l’Afrique du Sud… tous ceux qui se font appelés pays émergents, ils ont en commun l’application de la science. C’est-à-dire que dans ces pays, on peut tricher sur certaines choses, mais jamais sur les données scientifiques. Ce respect de la science fait que pour un avion ou une voiture (pour ne prendre que ces exemples), chaque partie de l’appareil est fabriquée dans un pays différent et l’assemblage se fait dans l’usine de la marque. Voilà un exemple de la mondialisation.

Nous ne pouvons pas participer à cela car Sassou Nguesso triche avec la science. Lorsqu’il soutient mordicus (sans craindre d’être démenti par les démographes et géographes congolais qui signent là une forme de trahison intellectuelle) que le nord du Congo est maintenant plus peuplé que le sud, comment peut-il faire du Congo pays émergent ? La science est indépendance des stratégies politiques. La science obéit à ses propres lois, elle ne dépend pas de la météo de Kinkala ou d’Oyo.

Si nous voulons avancer, il faut monter dans le bateau de l’universalité de la science et de la mondialisation. il faut respecter et appliquer la science. C’est le seul chemin. Vaincre ou mourir. La stagnation n’existe pas. Un pays qui n’avance pas stagne quelque temps, mais très vite décroit et disparait. Il s’agit là d’une loi historique. Et le Congo ne sera pas épargné par cette loi si nous ne travaillons pas.

La question économique

Sans être spécialiste de la science économique, on peut conclure qu’après 19 ans de pouvoir de Sassou Nguesso, le Congo n’a cessé de vivre dans le mensonge et dans la misère extrême du peuple.

Depuis 1998, 70% des Congolais vivent avec moins de 1 dollar US par jour. En 2015, 70% des Congolais vivent avec moins de 1 dollar US par jour. Alors, dites-moi en quoi Sassou Nguesso est celui qui trouvera des solutions aux problèmes des Congolais. C’est lui qui crée la pauvreté alors qu’il a eu un baril de pétrole à plus de 100 dollars US pendant plus de 5 ans. Dans un numéro du magazine Jeune Afrique, il accordait une interview et promettait des progrès sur le plan économique. Voyez aujourd’hui l’état du Congo.

Les économistes le savent, lorsqu’on annule une dette le pays bénéficie de cet argent. Si on a annulé 2 milliards de dollars US de dette congolaise, cela veut dire que cet argent se retrouve dans les comptes du trésor de Brazzaville. Sassou Nguesso doit donc expliquer aux Congolais où est passé l’argent de l’annulation de la dette. En effet, lorsqu’un pays est accepté dans le dispositif pays pauvre très endetté (PPTE), le gouvernement de ce pays utilise l’argent de l’annulation de la dette dans les projets de développement économique et humain. Ce que Sassou Nguesso et son gouvernement n’ont pas fait. L’argent de l’annulation de la dette a servi à faire la fête dans les grands hôtels aux USA. 400 000 dollars US environ dépensés dans les bouteilles de champagne et les chambres d’hôtel. Le reste dans leurs comptes bancaires et rien pour le peuple congolais qui souffre.

Les professeurs de sciences économiques à l’université de Brazzaville ont la responsabilité intellectuelle d’expliquer ces choses aux populations. Les partis politiques ont aussi la responsabilité face à leurs militants de dire comment ces choses fonctionnent. Or il y a un silence coupable de tous de ne pas expliquer aux populations chaque évènement, chaque situation, soit-elle économique, financière, politique, sociale, culturelle, religieuse… On pourrait aussi demander la même chose aux historiens, sociologues, philosophes, pédagogues, mathématiciens géographes…

Combien de Congolais se souviennent que ce pays exportait les produits agricoles : café, cacao, sucre, huile, savon, même du textile de Kinsoundi. Le Congo faisait partie des pays en voie de développement, c’est ce que nous avons étudié à l’école. Après 32 ans de pouvoir, Sassou Nguesso va négocier l’entrée du Congo dans le dispositif PPTE. Il n’y a pas pire échec et il est seul responsable.

Lorsque Sassou Nguesso a pris le pouvoir en 1979, les Congolais ne mouraient pas de faim. Les Congolais ont des projets plein la tête. C’est avec Sassou Nguesso que s’accélère la descente économique aux enfers du Congo, une descente commencée avec Marien Ngouabi qui a inauguré le règne de l’incompétence au Congo.

En effet les pouvoirs successifs de Ngouabi, Yhombi et Sassou1 n’ont fait que « boucouter » autour des finances de la république. Pour se faire, Sassou et les siens occupent toute la sphère économique. Du pétrole au bois, en passant par le commerce.

Pour la science économique, un pouvoir est jugé sur sa capacité à créer de l’emploi et à maîtriser l’inflation. Ce sont sur ces deux questions que l’on juge un président qui veut se maintenir au pouvoir. Or, Sassou laisse échapper l’inflation et le chômage grimpe chaque année.

Il avait déjà inauguré le règne des diplômés sans-emplois, terme apparu au Congo au milieu des années 1980 puisque Sassou Nguesso avait entrainé le Congo dans la première faillite économique et financière de l’Etat congolais. Maintenant, avec le soutien de ses enfants devenus adultes, le Congo est en train d’être dépecé comme du gibier après la chasse.

Conclusion

En somme, Sassou Nguesso n’a pas de pensée économique scientifiquement établie. Il fait du bricolage, triche et in fine fait perdre du temps au Congo et aux Congolais. C’est pourquoi tous ceux qui ont à cœur l’intérêt national, peu importe les appartenances politiques doivent se lever comme un seul homme et dire non au maintien de Sassou Nguesso au pouvoir après 2016.

Lui-même Sassou Nguesso appelait la communauté internationale et les démocrates congolais à refuser le maintien de Lissouba en 1997. Pourquoi cela serait-il différent pour lui ? Ce qu’il demande aux autres, ce qu’il fait aux autres, il ne pense pas que l’on puisse lui renvoyer l’ascenseur. Il faut donc lui renvoyer l’ascenseur en 1997 pour qu’il comprenne que le Congo n’est pas la propriété privée de sa famille et qu’il doit léguer en héritage à ses enfants. Le Congo appartient à tous les Congolais. La république suppose que tout citoyen peut concourir à l’élection présidentielle à condition d’être éligible selon la constitution.

En conclusion, il faut dire que cela fait 40 ans que Sassou Nguesso est dans l’arène du pouvoir. Il a été 8 ans le compagnon de Marien Ngouabi, 2 ans avec Yhombi et 12 ans président de 1977 à 1992. A la faveur du coup d’Etat de 1997, il est revenu au pouvoir. Pendant 19 ans, personne n’a empêché Sassou Nguesso de mettre en action son projet, s’il en a eu un. Personne n’a posé des problèmes à son pouvoir. Il a eu les mains libres, l’opposition a été empêchée de travailler.

Aujourd’hui, s’il a échoué, ce n’est pas à cause de la constitution, ni à cause de l’opposition. D’ailleurs, Sassou Nguesso a déjà écrit 8 constitutions pour le Congo. Il ne trouvera pas la meilleure des constitutions car le développement passe par la volonté politique et non par la constitution seulement. Sinon, pourquoi la Chine avance à grand pas alors que c’est un pays monopartiste ?

Chaque Congolais doit occuper sa place dans l’espace républicain. Les intellectuels doivent tenir des cafés débats, faire des conférences, animer des émissions, des espaces de discussion autour des réalités du pays pour sensibiliser, éduquer, conseiller, proposer, critiquer, débattre… Ce n’est pas possible que les professeurs d’université se contentent de leur quotidien au lieu d’éclairer le peuple. Ce n’est possible que des journalistes deviennent des transcripteurs du pouvoir au lieu de critiquer, questionner, analyser, commenter, informer… pour éclairer le peuple.

La télé et la radio doivent être des chaines publiques et non des chaines d’Etat pour participer au projet de construction de l’identité nationale et du sentiment national. Pour se faire, tout le monde doit avoir accès aux médias et non seulement le PCT et son pouvoir. D’ailleurs, pour comprendre la médiocrité de la télévision congolaise, il suffit de regarder l’interview du directeur de la télé. A la question pourquoi Sassou Nguesso ne viendra-t-il pas aux festivités du cinquantenaire de télé Congo ? Réponse du directeur « parce que pour Sassou Nguesso, les programmes sont nuls ». Soit Sassou NGuesso limoge le directeur pour incompétence, soit il le garde alors c’est lui qui favorise la médiocrité. Un président ne se plaint pas, il agit, il décide, il préside, il ordonne…

Nous devons mettre fin à la prostitution intellectuelle et politique. Il faut arrêter la politique du ventre et être des intellectuels et des politiques assermentés, n’agissant que sur la base de la science apprise pour changer le Congo.

Cela donne envie de vomir lorsque des intellectuels affirment, confirment et disent le contraire de ce qu’ils ont étudié ou même le contraire ce qu’ils enseignent à l’université. Il est nécessaire que soient créés des centres de réflexion, des Think Tank, des cercles d’analyse, des instituts de recherche privés et publics pour informer, renseigner, proposer des solutions… Ainsi, on peut faire de l’INRAP (Institut National de Recherche et d’Action Pédagogique) un lieu de recherche sur l’enseignement, l’éducation au Congo, la recherche scientifique. Faire de même sur la politique (définir les idéologies politiques, les programmes politiques, la géopolitiques, la géostratégie, la place du Congo en Afrique et dans le monde…), l’économie et la finance, l’agriculture et la pêche (comment comprendre que les pays du Niari alors garde mangé du Congo meurent de faim, comment comprendre que le poisson du fleuve Congo et d’autres cours d’eau du pays meurent de leur vieillesse alors que le mukalu coûte cher sur le marché ?), le commerce, la santé, l’emploi et le chômage, l’administration public, le bien-être, la propriété et le foncier au Congo…

Tous les domaines de la vie doivent faire l’objet d’études et d’analyses. C’est comme ça qu’un pays vit, se réforme et avance, sinon il disparaît.

Dans un tel environnement, Sassou Nguesso n’a pas sa place, car il faut une capacité à penser les pensées que Sassou Nguesso ne détient pas. Tous ceux qui le soutiennent savent que je dis vrai, mais ils ont tous peur du travail à faire car ce travail est colossal et ils ont peur de ne pas être à la hauteur. Seulement, de nombreux Congolais peuvent faire ce travail. Pour cela, Sassou et sa bande doivent partir et laisser la place à une autre équipe.

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