Arrêtons le discours haineux et violent
Que chacun œuvre pour bâtir ce pays, le Congo Brazzaville que nous aimons tous
Ma pauvre vie m’a permis aujourd’hui de passer des heures à lire les sites internet sur le Congo, aussi bien ceux qui soutiennent le pouvoir en place que ceux de l’opposition. Et croyez-moi, j’ai vu deux faces d’une même pièce. Cela veut dire que très vite, je suis arrivé à la conclusion que ni le pouvoir et ni l’opposition ne sont en mesure de sortir du discours de l’insulte et de la violence. Les deux groupes utilisent le même discours, sans méthode ni pédagogie, dénué de toute pensée pensante bien pensée.
D’un côté le pouvoir en place est violent. J’ai vu sur youtube.com des manifestations plutôt des jeunes, pour ne pas dire des enfants, réprimandées par des forces de l’ordre plutôt désordonnées. A entendre les chants de ces enfants, on ne comprend pas les motifs de la manifestation, sinon le titre de l’article : « les jeunes manifestent contre le pouvoir de Sassou ».
Sans contenu, sans demande et sans projet clairement établis et de plus, sans leader de et dans la manifestation, cela devient une anarchie. Cette façon de faire est condamnable et suicidaire.
Je demande donc aux parents de ne plus envoyer les enfants dans la rue pour des tels désordres.
L’opposition pointe beaucoup les biens mal acquis, la violence du pouvoir, le clientélisme, la pauvreté du peuple… et enfin demande la démission du pouvoir pour prendre la place. Mais pour faire quoi ? Quel est le projet de l’opposition ou de tous les partis d’opposition ? S’ils prennent le pouvoir, ils font quoi ? Dans quel domaine ? Avec quel moyen… ?
Toute la démarche de l’opposition laisse penser à une vengeance si elle arrivait au pouvoir. Ce sera donc déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul.
Surtout, disons-le, l’UPADS n’a jamais fait son autocritique du pouvoir Lissouba et le MCDDI n’a jamais fait le bilan des années Kolelas. Comment avancer lorsqu’on n’est pas capable d’analyser et d’être critique vis-à-vis de soi, de se remettre en cause ? Ne dit-on pas que « la science évolue par erreurs corrigées ».
De son côté, le pouvoir brille par l’incompétence, l’amateurisme et l’arrogance. Denis Sassou NGeusso totalise 28 ans de pouvoir. En 28 ans, qu’est-ce qu’il n’a pas fait qu’il souhaite faire aujourd’hui ? Et pourquoi il n’a pas pu le faire ? Cela fait 16 ans qu’il est revenu au pouvoir après une pause de 5 ans. Que cherche-t-il encore ? Que veut-il ?
Pour comparer, même en Chine où on taxe les leaders d’être des dictateurs, le premier et le premier ministre ne peuvent faire que deux mandats de 5 ans, ce qui fait 10 ans au pouvoir, pas plus. Sassou NGeusso a en effet connu Tiang Zeming (premier ministre Li Peng), puis Hu Jintao (premier ministre Wen Jiabao), puis aujourd’hui Xi Jinping (premier ministre Li Keqiang).
Signalons au passage qu’en Chine, le couple exécutif est reconduit au regard des résultats obtenus et ce couple n’a pas de pouvoir absolu sur le pays, sinon il ne quittera pas le pouvoir.
Curieusement, ce qui marche en Chine ce sont les règles de jeu : la constitution, l’Etat dans le sens intrinsèque du terme, les pouvoirs régaliens qui frappent tout le monde, les familles des gens au pouvoir montrent l’exemple, il y a des parcours d’étude d’excellence même pour les pauvres, le marché intérieur est protégé, on lutte contre la pauvreté… Bref, on peut rêver.
Nous voyons bien que le comportement de nos dirigeants n’a plus son exemple sauf dans les monarchies du Golf arabo-persique.
Ni opposition, ni le pouvoir ne montre par son discours qu’une autre voie est possible, on peut encore penser et faire un autre projet social, un autre contrat social.
Croyez-moi, c’est ce à quoi je réfléchie depuis mon passage au département de politique internationale. Oui, chers compatriotes, si je tiens ce discours, c’est parce que je sais qu’une autre voie est possible.
Pendant mes études à Shanghai (j’y ai obtenu un master degree en politique international), j’ai rencontré des professeurs américains et européens, j’ai beaucoup réfléchie sur le progrès de la Chine, j’ai lu la théorie de Deng Xiaoping : « un pays deux systèmes », « la politique des ouvertures (si la Chine va vers le monde, le monde viendra vers la Chine et ses échanges participeront au développement de la Chine) et enfin sa « pensée sur la stratégie internationale ».
Dès lors, les Chinois ont commencé à appliquer les mêmes méthodes, les mêmes données scientifiques, les mêmes règles de management, de finances, dans la stratégie internationale que les occidentaux. Quand on dit pi égal 3,14, quand on parle d’un moteur à quatre temps, lorsqu’on parle des affaires étrangères ou de la santé, en Europe, en Chine, aux USA et même dans les pays émergeants, ils savent de quoi ils parlent. Mais au Congo, faisons-nous la même chose ? Croyons-nous seulement à la science, à ce que nous étudions et enseignant dans nos écoles ou ailleurs?
Voilà à quel niveau il faudrait élever le débat au Congo. Nous devons changer le modèle de conflit entre le pouvoir et l’opposition. Sur quoi discuter et comment contrôler le travail du pouvoir en place. Cela nécessite un statut clair de l’opposition, une loi claire sur les partis politiques, leur fonctionnement et financement, des lois et des institutions de lutte contre la corruption politique, prévenir les conflits d’intérêt, permettre la création des groupes de pression, des associations de société civile.
Si on élève le débat à ce niveau, on se rendra vite compte que la génération née avant les indépendances, cette génération qui est encore au pouvoir aujourd’hui ne peut plus rien faire pour le Congo. Elle est incapable de se remettre en cause.
J’appelle donc à une révolution intellectuelle et non violente, une révolution de la pensée.
Mid Dids
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