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Le blog qui propose une analyse approfondie sur la politique congolaise, africaine et mondiale. Ce blog s'adresse à tous ceux qui souhaitent avoir une idée précise sur ce qu'il se passe dans notre planète.

Poursuivons notre réflexion sur le Congo Brazzaville

Publié le 5 Mai 2013

Poursuivons notre réflexion sur le Congo Brazzaville

Il y a quelque temps, je m’insurgeais contre l’article de François Soudan dans le magazine Génération, spécial Congo an 52 dans lequel il insultait les Congolais, avec la bénédiction des pouvoirs publics qui ont accepté la publication d’un article, de paresseux, les demandant de ne plus rien attendre du président Sassou NGeusso.

Je rappelais aussi combien M. Soudan ignorait la définition de l’Etat. Si M. Sassou se dit en incapacité de régler tous les problèmes du pays, en tout cas pour ce qui relève de ses compétences en tant que président, alors il ignore qu’il est président du Congo et donc il devrait prendre la décision qui s’impose.

L’Etat est le lieu d’expression et de satisfaction des intérêts collectifs. Dès lors qu’un problème touche la collectivité, il appartient à l’Etat, donc à ceux qui en assurent la gestion (président, parlementaire, gouvernement, département, préfet…) d’apporter des solutions. S’ils se trouvent dans l’incapacité de le faire, ils démissionnent. Poser la question aux Chinois et aux Brésiliens et vous entendrez leurs réponses. On ne peut pas être président chinois et dire ce que M. Soudan a dit.   

 

Aujourd’hui donc, prenant une fois de plus le même magasine, je voudrais m’interroger sur la manière dont la chose publique est gérée au Congo, pour le bien-être de tous.

 

Aujourd’hui, nous allons commenter l’article sur les infrastructures.

 

L’article en soi est intéressant. Il retrace avec lucidité, honnêteté et rigueur la situation actuelle des infrastructures du Congo Brazzaville.

L’électrice, pp16-17 : On constate qu’il y a beaucoup de barrages, avec des capacités de production allant de 15 Mw pour le barrage de Djoué à 1200 MW pour celui de Sounda en construction, en passant par Moukoukoulou 75 Mw.

 

Ce qui ne va pas dans cet article, ce qui manque et qui est donc condamnable pour les journalistes qui écrivent cet article, c’est l’absence d’une critique journalistique. Le rôle et la fonction du journaliste est de présenter les faits et de pointer les manques, sans esprit partisan.

 

En effet, on note une multiplication de barrages pour résoudre le problème d’électricité au Congo. Mais personne ne nous dit un barrage de 75, 100, 1200Mw… peut alimenter une ville de combien d’habitants. Scientifiquement et techniquement, de combien de barrages le Congo a-t-il besoin et de quelle capacité de production ? Est-il nécessaire de construire tous ces barrages dans un pays de moins de 4 000 000 d’hab avec 342 000 km2 de superficie ?

 

Il est donc capital de définir nos besoins en électricité et préciser qui ou quelles institutions donnent ces chiffres (eh oui, dans ce magazine, il y a des tableaux sans sources). Pour cela, nous devons penser le rôle et la fonction des ingénieurs, des chercheurs et autres personnels dans ce domaine. C’est fou qu’on ne donne pas la parole aux spécialistes qu’on laisse parler des ministres et des directeurs qui ne savent pas de quoi ils parlent.

Qui sont ceux qui gèrent l’électricité au Congo ? Qui en sont les stratèges ? Dans quelle école on étudie la ou les sociétés qui produisent et commercialisent l’électricité au Congo ? Quels livres doit-on lire pour en savoir plus ? Quelle est la politique congolaise dans ce domaine… ?

 

Certains vont s’indigner de mes question et de ma démarche, mais je vous affirme avec certitude, si Sassou NGeusso veut que le Congo devienne un pays émergent comme je lis un peu partout, il n’y a pas 36 solutions. Ce que je dis là est l’unique voit. C’est cette démarche que le Brésil, la Chine… ont pris pour marcher vers le développement. Dans ce domaine, on ne peut ni tricher, ni se mentir.

Régler la question des infrastructures au Congo, tout comme dans tous les domaines, il faut :

  • Faire l’état des lieux des besoins,
  • Elaborer des projets crédibles,
  • Former des ingénieurs, des ouvriers…, ce qui suppose avoir nos propres écoles et centres de recherche, après nous pouvons travailler avec l’extérieur. A ce sujet, je vous laisse apprécier ce qui se passe au Congo,
  • Recenser à travers le monde les Congolais susceptibles d’aider le pays. Ce qui suppose les écouter, les laisser pratiquer ce qu’ils ont étudié, car nous sommes aussi un pays qui tourne le dos à la connaissance et au savoir. Si nous n’avançons pas c’est par ce que nous ne respectons pas le savoir, la connaissance et la pensée. Pour preuve, la gestion du Congo obéit à quelle règle politique, économique, financière, éthique, déontologique, juridique, sociologique… ?
  • Définir le cadre de fonctionnement de chacun, les contours des fonctions de chacun et l’éthique qui va avec.
  • Définir les responsabilités de la société de distribution de l’électricité. Par exemple, en cas de coupure de longue durée, la société rembourse les produits alimentaires des populations et des sociétés.
  • Rendre compte de son activité devant une commission nationale (si elle n’existe pas, il va falloir la mettre en place), elle-même sous le contrôle des élus, notamment la commission parlementaire. Précisons que ces commissions seront indépendantes et ne devront souffrir d’aucune forme de pression. Dans le cas d’espèces, les contrevenants devront être sévèrement sanctionnés.
  • On peut encore imaginer autre chose. A chacun d’apporter sa contribution.

Si nous ne faisons pas cela, le poursuivrons dans l’aventure et l’approximation.

 

Cet exemple sur l’électricité vaut aussi pour l’eau. Comment comprendre les problèmes d’eau avec un tel réseau hydrographique en eaux douces ? Nos dirigeants n’ont pas honte d’eux-mêmes, surtout lorsqu’ils parlent d’aide à l’Afrique et au Congo avec les occidentaux ? Savez-vous ce que les Occidentaux et même les Asiatiques feraient avec des tels avantages de la nature ? Ils mettraient des piscines sur les toits de leurs appartements.

J’ai honte pour nos dirigeants et pour le pays. Dommage qu’il n’y ait pas de printemps négro-africain, car nous ne méritons pas d’être dirigés par ces incapables.

 

Dans le magazine, on parle des projets sur l’eau et l’électricité, des projets qui devraient voir le jour entre 2010 et 2012. A ce jour, les populations n’ont rien vu. Alors, pourquoi ces gens continuent à diriger ? Au nom de quel idéal ? Quelle nouvelle compétence ont-ils acquis ?

 

Pour donner une chance au Congo, il faut renouveler et rajeunir la classe politique.

 

NB. Ce que j’écris n’est pas la finalité de la pensée autour des problèmes du Congo et de l’Afrique. Cela reste une modeste contribution car je souhaite que les choses évoluent. Pour cela, je reste persuadé que tout Congolais peut faire un peu. Mais pas avec ces incapables au pouvoir qui pensent plus à leur ventre qu’au peuple.

 

Nous n’allons pas changer par la force, mais par la pensée, la pédagogie (expliquer, expliquer et encore expliquer), la méthodologie, la connaissance et la sagesse. Le pays a trop souffert, il est temps de passer à autre chose, d’expérimenter autre chose. Alors, laissons la place à l’intelligence.

Mid Dids  

 

 

 

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